Dans un contexte de chute des ventes, comment la presse papier d’hier peut-elle sortir son épingle du jeu en capitalisant sur les opportunités offertes par la technologie d’aujourd’hui ?

La presse quotidienne japonaise se porte bien avec un volume de tirage impressionnant : 50 millions de journaux par jour. Le plus grand quotidien japonais vend 14 millions de journaux par jour, le Tokyo Shimbun en vend quant à lui 1 million par jour. Dans ce contexte de concurrence exacerbée et dans un mouvement d’incertitude quant à l’avenir du papier, les quotidiens nippons se doivent donc d’innover pour se différencier et développer leur base de lecteurs.

Le quotidien Tokyo Shimbun, en association avec l’agence Dentsu, a ainsi mis au point une application qui fait appel à la réalité augmentée pour permettre une lecture simplifiée et ludique aux enfants. Aux parents qui ont du mal à expliquer l’importance des enjeux de société à leurs enfants et aux enfants qui ont du mal à comprendre comment leurs parents peuvent passer tant de temps devant leur journal, l’application répond en transformant les articles traditionnels du journal en commentaires colorés et animés. Ces derniers proposent aux enfants une grille de lecture simplifiée d’enjeux allant de la politique à l’économie. Un quotidien étant bien souvent lu par plusieurs personnes différentes, on passe ainsi d’un support à plusieurs lecteurs à un support à plusieurs lectures.

 

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Attirant les parents par le biais éducationnel et pédagogique, l’application fait partager un moment entre enfants et parents. Parents qui éprouvent éventuellement un sentiment de culpabilité à l’idée de ne pas se consacrer suffisamment à l’épanouissement de leurs enfants.

Cette initiative pourrait être une piste de réflexion aussi bien pour les journaux papier du monde entier qui voient leurs ventes s’effriter que pour les annonceurs qui peuvent cibler parents et enfants à la fois grâce à des publicités interactives. On peut néanmoins se poser la question de savoir si le ciblage publicitaire couplé ne serait pas un frein à l’engagement des parents.