Si vous utilisez l’application Facebook sur votre mobile vous aurez remarqué qu’il n’est plus possible d’y échanger de messages privés.

En effet, depuis le début du mois d’avril pour pouvoir accéder à vos messages un écran vous invite à télécharger une autre application nommée « Messenger ». Ceux qui refusent le téléchargement sont alors contraints de passer par la version site mobile pour accéder à leur messagerie. Cette décision est loin de faire l’unanimité chez les utilisateurs qui n’aiment pas qu’on leur force la main. Ce forcing a fait l’objet de nombreuses critiques…l’application Messenger est très mal notée (1 étoile / 5 sur l’AppStore et le Google Play), un triste record pour une application officielle émanant de Facebook.

Pourquoi un tel changement ? Jusqu’à présent Facebook nous avait plutôt habitué à une concentration des fonctions dans un site et une application « couteau suisse ». Mais depuis les acquisitions d’Instagram et de WhatsApp puis le développement de Paper cette tendance s’inverse clairement. En forçant ses utilisateurs à télécharger l’application Messenger pour pouvoir chater avec leurs amis, Facebook accélère cette stratégie cette fois en « détachant » une fonction native de l’application. En agissant ainsi Facebook espère faire passer le nombre d’utilisateurs de 200 millions à 1 milliard. Cette stratégie « d’éparpillement » des fonctions de Facebook fait aussi écho à l’annonce du nouveau SDK (Facebook F8) permettant aux développeurs d’interfacer Facebook avec n’importe quelle application. En proposant autant d’applications que nous pouvons avoir d’usages mobile Facebook cherche à devenir incontournable en monopolisant un maximum le temps passé sur nos smartphones. On peut aussi imaginer que chaque application pourra développer son propre business model. Face à un net désengagement des plus jeunes l’adage « ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier » semble être une sage stratégie pour Facebook.