Depuis une dizaine d’années, l’intérêt suscité par la sculpture du verre n’a fait que s’effriter. Kosta Boda, une entreprise suédoise de design spécialisée dans la verrerie a ainsi perdu la légitimité qu’elle avait dans le monde de l’art. Afin de reprendre la place que cet artisanat a tenu pendant près de 200 ans, l’entreprise a cherché à séduire les jeunes générations et imaginé une campagne originale basée sur les émotions.

Les œuvres d’art s’échangent généralement contre des sommes astronomiques entre des cercles d’acheteurs fortunés, si bien que l’art est parfois perçu comme un investissement purement économique. Kosta Boda a donc organisé une vente aux enchères qui brise les codes de l’exercice. Pendant une journée, plus de 300 personnes ont été exposées une minute à 3 pièces de verreries uniques.  Au cours de l’expérience chacune d’elle était branchée à un certain nombre de capteurs mesurant leurs états émotionnels.

C’est en fonction de leurs rythmes cardiaques et de leurs sécrétions sudoripares que les participants formulaient leurs offres — le plus ému à la vue de l’œuvre remportait donc l’enchère. À mesure que les offres étaient faites, les participants pouvaient suivre le cours des enchères d’émotions en direct sur le site de la campagne, qui fut largement relayée sur les médias et réseaux sociaux. Kosta Boda a non seulement réussi à mettre son artisanat sous le feu des projecteurs mais en introduisant les émotions dans un domaine gouverné par l’argent, l’entreprise a su avancer une vision nouvelle de la valeur de l’art.