Un sondage gouvernemental brésilien indiquait en mars dernier que 26% des brésiliens estiment que le viol des femmes est justifié par leurs tenues. Des résultats qui ont provoqué un véritable tollé au Brésil. Le centre d’intégration de la femme (CIM) en profite pour réagir et sort les armes digitales.

 

 

Le CIM, qui se bat pour le droit des femmes au Brésil, se fait le porte-parole des victimes d’agressions sexuelles, grâce à une expérience digitale intégrée dans deux médias influants brésiliens, les webzines O Glovo et Veja. Une campagne qui vise essentiellement à lutter contre la banalisation, voire le déni, des comportements violents envers les femmes par les brésiliens qui sont 26% à estimer que “les femmes qui laissent voir leur corp méritent d’être violées”. Alors que l’utilisateur fait défiler les pages du magazine sur sa tablette du bout du doigt, il se retrouve soudainement dans la peau d’un agresseur, déshabillant du doigt la mannequin jusqu’alors statique de la page de publicité. Cette dernière qui pousse un cri, devient tout d’un coup une victime effrayée.

L’expérience est très réaliste, elle surprend l’utilisateur et le met très mal à l’aise, ce qui permet de montrer, comme l’indique le message qui s’affiche sur l’écran, que la violence réside parfois dans des gestes très simples et qui peuvent paraître insignifiants. Ainsi, “toucher, c’est déjà de la violence”. La nature et le support de la campagne permettent ainsi de toucher des utilisateurs qui n’auraient peut-être pas prêté attention à une campagne traditionnelle de sensibilisation ou l’auraient peut-être même évitée. Par ailleurs, ce dispositif interactif, intitulé le “Touch scream Ad” permet d’engager davantage l’utilisateur, qui n’est plus passif et l’incite donc peut- être davantage à réagir.