Le New Museum, installé dans le quartier branché de Bowery à New York depuis 2007, s’est donné pour mission de découvrir des artistes encore inconnus du grand public, que leur production soit actuelle ou passée.

L’exposition « NYC 1993 : Experimental Jet Set, Trash and No Star », présentée depuis le 13 février, met ainsi en lumière des travaux artistiques méconnus créés il y a vingt ans. Le musée a en effet déterminé que l’année 1993 était « charnière » parce qu’elle marquait un bouleversement social, politique et historique profond. Ici, il s’agit de rappeler aux New-Yorkais le souvenir d’une ville qui n’avait pas encore connu le grand nettoyage urbain des années Giuliani.

Pour promouvoir cette exploration du passé de la métropole, le New Museum a prolongé l’exposition en dehors de son enceinte. 5 000 cabines téléphoniques ont été équipées pour fournir des informations inédites sur les quartiers où elles sont situées. Signalées par un habillage vert, elles donnent accès à plus de 4h30 d’enregistrements audio. Les témoignages d’entrepreneurs, d’habitants, de stars de music hall, etc. qu’elles font entendre sont géolocalisés. Ainsi, depuis la cabine située à l’angle de Thompson Square Park, vous prendrez connaissance d’anecdotes dont East Village a été le théâtre alors qu’aux abords de l’Hudson River, vous entendrez parler des rats du Meatpacking District qui étaient « aussi gros que des chats ».

Le dispositif est relayé sur internet via un plan de la ville où l’on peut situer chaque cabine. Mais la plupart des enregistrements n’y sont pas accessibles, le musée ayant affirmé sa volonté d’utiliser les cabines comme vecteur principal de diffusion. L’objet fait figure de vestige d’une époque révolue et nourrit le storytelling de la campagne. L’auditeur qui décroche un de ces téléphones se rend disponible à l’écoute et à l’immersion dans une époque qu’il a sûrement oubliée. C’est donc un détournement ingénieux que propose le New Museum. L’opération promeut l’exposition tout en l’enrichissant, et répond par la même occasion à un défi proposé par la ville qui a en effet lancé un concours d’idées pour réhabiliter ces cabines téléphoniques que les habitants ont abandonnées à l’arrivée du téléphone portable.

Plus d’infos : recalling1993.com