On en parle beaucoup et on les présente comme les outils de l’avenir, et pourtant à l’évocation des mots « objets connectés » les gens pensent souvent « gadgets ». En France notamment, 78% de la population ne voit pas d’intérêt immédiat à ces derniers.¹

Et pourtant de grandes marques développent petit à petit leur objet connecté : Samsung, Apple avec l’Apple Watch, Google mais aussi des entreprises dont la spécialité n’est pas issue du domaine technologique comme Evian et sa Smartdrop, sorte de magnet permettant de commander et se faire livrer son eau sans avoir à passer par un site de courses en ligne.

Si ces entreprises se lancent dans l’aventure de l’Internet of Things c’est qu’elles y ont vu un potentiel. En effet, si l’idée de l’objet connecté en tant que telle ne paraît pas forcément séduisante pour le consommateur, le but de son utilisation saura, lui, le convaincre. Car un objet connecté offre à son consommateur une forme d’émancipation, une forme d’extension de l’Homme à travers différents aspects : le contrôle de sa santé, l’amélioration de performances sportives ou encore le contrôle de sa maison…etc. Cette notion d’empowerment est clé lorsque l’on touche aux objets connectés et leur développement doit donc tendre vers cet objectif grâce à deux facteurs clés de succès : l’utilité et la simplicité.

L’objet connecté à succès n’est pas un jouet, il répond à un besoin précis

Il est essentiel d’aller au-delà de l’aspect gadget lorqu’on développe un objet connecté. Au début le consommateur s’amuse, puis survient le risque de lassitude, passé l’effet de nouveauté, il faut alors une réelle utilité. Comme l’explique Michel Levy-Provençal, fondateur de Joshfire, « Un des facteurs clés de succès d’un objet ? Ne plus ressentir sa présence. Il doit se fondre dans l’utilisation quotidienne ».2

On note différentes motivations à l’achat d’un objet connecté : le suivi/tracking de performances ou de sa santé, la simplifi cation et le gain de temps dans les tâches quotidiennes ou ingrates, le contrôle à distance, l’accès à un service personnalisé. Si on s’intéresse aux objets connectés relatifs aux sports, on remarque que le succès de ces derniers se rattachent à un désir du consommateur : l’amélioration de ses performances sportives. Avant l’apparition d’une telle technologie le sportif amateur était limité dans la pratique occasionnelle de son sport. Seuls les sportifs de haut niveau avaient leur performances mesurées et analysées. Aujourd’hui, n’importe quel « jogger » peut se lancer dans une préparation encadrée d’un semi-marathon grâce au bracelet Fitbit ou à un t-shirt connecté Ralph Lauren 3. Un autre domaine qui suscite l’intérêt en matière d’objets connectés est tout ce qui a trait à la santé car cela s’inscrit dans l’air du temps où l’automédication prend de plus en plus d’importance mais aussi à une époque où les gens vivent de plus en plus vieux. Ainsi un pilulier connecté ou des bouchons intelligents à fixer sur des flacons de médicaments sont des produits susceptibles de toucher leur cible de part leur utilité évidente.

Enfin un autre domaine en plein développement est la domotique. L’idée d’une maison connectée peut séduire les consommateurs via trois motivations : le contrôle à distance, l’envie de mobilité mais aussi les possibilités de faire des économies comme le contrôle de thermostat Nest qui régule la température de l’habitation en apprenant en compte les habitudes des résidents : les heures d’absence et les préférences. Néanmoins, les besoins notamment en domotique peuvent être multiples, or les consommateurs ne sont pas prêts – et ne le seront probablement jamais – d’acheter un objet pour chaque utilisation (alarme, chaudière, électroménager…etc). Il est donc important pour les marques de réfléchir au développement de « hub » permettant d’interconnecter tous les objets comme on peut le voir avec les premières tentatives de Nest avec Revolv ou encore Motorola avec Hubble.4

Un outil qui doit rester simple dans son utilisation

L’objet connecté doit non seulement être simple à installer, mais doit aussi être intuitif dans son utilisation. Si les gens sont si peu réceptifs à l’idée d’un objet connecté, c’est qu’ils les perçoivent comme complexes. Il y a donc un besoin d’éducation de la part des marques, mais surtout une nécessité de penser au niveau de connaissance des utilisateurs.
C’est exactement ce qu’a réussi à faire Darty avec son bouton connecté, vendu à plus de 30 000 exemplaires en un an 5. Un simple magnet à poser chez soi et qui met le client en relation directe avec un conseiller lorsque ce dernier appuie dessus. Simple d’utilisation et permettant ainsi à la marque de renforcer le lien avec ses consommateurs.
Autre élément touchant à cette idée de simplicité, savoir limiter le flot d’informations émis par les objets connectés. Plus les objets communiqueront avec l’utilisateur, plus ils risquent de le saturer d’informations : “On touche à des problématiques cognitives, à la capacité des individus à bien gérer leurs relations avec les machines. Les objets connectés devront être des assistants, pas des contraintes”, explique Philippe Gautier, dirigeant de Business2any et auteur du livre L’Internet des objets : Internet, mais en mieux.

Néanmoins, des freins restent à être levés en matière d’objets connectés

Le plus important est bien évidemment lié à la sécurité. Les objets connectés fonctionnant sur une base d’échanges d’informations, les consommateurs redoutent que l’utilisation de ces données ne soit détournée notamment par des hackers. Des exemples récents viennent d’ailleurs confi rmer cette peur comme le cas d’une Jeep Cherokee piratée par deux informaticiens qui en ont pris le contrôle à distance pour l’envoyer directement dans un fossé. Le modèle a depuis été rappelé par le constructeur.7

Quelles sont donc les leçons à en tirer pour les marques ?

Tout d’abord, il n’est pas utile de chercher à changer la vie du consommateur de manière très générale mais plutôt de se concentrer sur un bénéfice précis et à un usage immédiat de l’objet en tant que tel. Comment, en tant que marque, pouvez-vous améliorer le quotidien de vos consommateurs ? Enfin, éduquer le consommateur est une première étape, le rassurer sur la sécurité également, mais ce n’est pas tout. L’objet connecté doit être un véritable outil d’empowerment pour le consommateur, il doit lui permettre de s’émanciper de tâches quotidiennes, d’angoisses ou lui offrir la chance de « s’augmenter » à travers des performances, de la mobilité ou tout simplement grâce à une forme de contrôle. Un objet connecté est une occasion pour une marque de se rapprocher de ses consommateurs en étant plus présente dans leur vie quotidienne de manière visible en démontrant ainsi que le client et son bien-être sont au cœur de leurs préoccupations.

(1) http://bit.ly/1PSQjif

(2) http://bit.ly/1cgfCoO

(3) http://bit.ly/1NWCmh1

(4) http://bit.ly/1Mw32XW

(5) http://bit.ly/1Ju8kAW

(6) http://bit.ly/1cgfCoO

(7) http://bit.ly/1IQ4H3n