Snapchat, créée fin 2011 par des étudiants de l’Université de Stanford, est en train de devenir l’une des applications préférées des jeunes Américains âgés de 15 à 20 ans.

Dans la tendance des Instagram, Pinterest et Vine, Snapchat permet d’envoyer des « snaps » (i.e. des messages sous forme de photos ou vidéos) dont la durée de vie est limitée à quelques secondes après leur réception. Snapchat se présente comme une véritable antithèse de Facebook. Tout d’abord, parce qu’elle offre une simplicité d’utilisation hors pair, là où Facebook n’a de cesse d’ajouter des fonctionnalités et de complexifier son environnement. Ensuite, parce qu’étant encore méconnue, Snapchat assure aux jeunes générations un entre soi rassurant, leur garantissant une absence quasi totale de parents et autres observateurs indésirables. Enfin, et surtout, du fait de l’instantanéité sur laquelle se fonde l’application : les « snaps » disparaissent au bout de 10 secondes (ou moins si l’utilisateur le souhaite), soit un moyen d’éviter de laisser des traces gênantes et indélébiles sur la toile. Cette instantanéité et ce caractère éphémère ont largement contribué à séduire les jeunes, bien qu’il soit toujours possible de réaliser des captures d’écran des « snaps » lors de leur réception.

Snapchat apparaît en fait comme un révélateur de ce qu’attendent aujourd’hui les jeunes des réseaux sociaux et du digital en général. Pour cette cible ultra-connectée, il ne semble plus question de mettre en scène, d’actualiser et de surveiller son identité numérique en permanence. L’heure est au regroupement sur des plateformes plus intimistes.
La « génération LOL » se tourne désormais vers une culture largement centrée sur les photos ou les vidéos. Elle veut partager sans contrainte et protège ses frontières. Plus qu’avide de nouveautés, il semblerait qu’elle soit surtout à la recherche de lieux qui lui appartiennent. Facebook, qui enregistre plus d’un milliard de membres, ne semble plus à même de lui fournir l’intimité et la liberté qu’elle désire. Si le réseau social leader cherche à revenir dans ses bonnes grâces via des applications de communication « éphémères » telles que Poke ou des timelines valorisant l’image, il semble que le désamour des adolescents soit parti pour durer.

Plus d’infos : www.snapchat.com