Une chanson qui disparaitra si personne n’agit, tout comme les espèces animales en danger : c’est le parallèle travaillé par le Smithsonian’s National Zoo et le Conversation Biology Institute à travers leur dernière campagne, « the Endangered Song ».

Pour alerter l’opinion publique sur la menace de disparition des tigres de Sumatra, dont il ne reste plus que 400 individus, le zoo a demandé au groupe « Portugal. The Man » de créer une chanson à leur image, « The Sumatran Tigers ». Si l’initiative paraît jusqu’ici des plus classiques, celle-ci s’ancre pourtant dans un dispositif de sensibilisation plus vaste et original.

En effet, cette chanson exclusive n’a été enregistrée qu’en 400 exemplaires, sur des vinyles conçus spécialement pour se dégrader après trop d’écoutes. Le titre, distribué à 400 influenceurs – musiciens, acteurs, bloggeurs ou activistes – ne pourra alors perdurer uniquement grâce à l’action de ces derniers, qui devront le numériser et le diffuser sur la toile. Pour permettre à tous de le retrouver puis de le partager à leur tour sur les réseaux sociaux ou sur les plateformes de musique, les influenceurs sont invités à utiliser les hashtags #endangeredsong ou #sumatrantiger. Une plate-forme, www.endangeredsong.si.edu, permet d’expliquer la campagne, de recenser les conversations qui ont lieu avec ces hashtags, mais également d’effectuer un don au Smithsonian’s National Zoo.

Si l’opération repose sur la notoriété des influenceurs, ainsi que leur capacité à médiatiser la chanson, elle gagne également en efficacité par l’objet qu’elle utilise : la musique. Contenu abondant et plébiscité sur la toile, la musique est en effet au centre de pratiques d’échange et de partage bien ancrées, propices à la médiatisation. Pourtant, si celle-ci est un média dont la rareté n’est plus un problème, c’est bien en la recréant que l’opération réussit le parallèle avec les espèces qu’elle veut sauver, et suscite la prise de conscience d’une manière originale.